Chronologie d’Abu Ghraib
Abou Ghraib, autrefois connu comme la chambre de torture de Saddam Hussein, est maintenant tristement célèbre pour ses photographies de la police militaire américaine maltraitant des prisonniers irakiens.

12 mai 2003 : quatre soldats du 320e bataillon de police militaire maltraitent des détenus au Camp Bucca, dans le sud de l’Irak, en leur donnant des coups de pied et des coups de poing.

Fin mai à début juin : La 800e brigade de police militaire se voit confier une nouvelle mission, celle de gérer le système pénal irakien et plusieurs centres de détention. Les membres de la 800e croyaient rentrer chez eux après avoir géré des détenus, à un moment donné au nombre de 7 000 à 8 000, à Camp Bucca. Un rapport militaire a déclaré que “le moral en a souffert”.
Juin 2003 9 juin : Émeute et fusillade de cinq détenus à Camp Cropper, à l’aéroport de Bagdad, par le 115e bataillon de la police militaire.

12 juin : Plusieurs détenus s’échappent de la zone d’attente de Camp Cropper. L’un d’entre eux est repris, l’autre est abattu par le 115e Bataillon de la Police Militaire.

13 juin : Un détenu s’échappe et est repris. Au Camp Vigilant, à Abu Ghraib, un détenu est tué et sept sont abattus par le 320e Bataillon de la Police Militaire.

Le 30 juin, un détenu est tué et sept autres sont abattus par le 320e bataillon de la police militaire : Le Général de brigade Janis L. Karpinski prend le commandement de la 800ème Brigade MP.
1er juillet 2003 : Amnesty International critique l’armée américaine pour avoir soumis les prisonniers irakiens à des conditions “cruelles, inhumaines ou dégradantes”.
Août 2003 4 août : la prison d’Abu Ghraib est rouverte par les forces de la coalition.

31 août au 9 septembre : le général de division Geoffrey D. Miller dirige une équipe d’enquête sur les opérations de renseignement, d’interrogation et de détention en Irak.
Septembre 2003 : septembre-octobre : Les officiers du renseignement militaire demandent le contrôle des niveaux 1A et 1B pour les interrogatoires des détenus de grande valeur, déclare Karpinski.
1er octobre 2003 : Fermeture du Camp Cropper.

12 octobre : une nouvelle “politique d’interrogatoire et de contre-résistance” est publiée à la suite de la visite/du rapport de M. Miller.

13 octobre au 6 novembre : le major général Donald J. Ryder, prévôt de l’armée, évalue les opérations de détention et de correction en Irak.

15 octobre : la 372e compagnie du 320e bataillon de la police militaire prend en charge les niveaux 1A et 1B à Abu Ghraib.

Période de la plupart des abus

A gauche : Un détenu nu à la prison d’Abu Ghraib est attaché par une laisse au garde de prison, le soldat Lynndie R. England, sur une photo numérique datée du 24 octobre. (The Washington Post)

18-31 octobre : Karpinski envoie le lieutenant-colonel Jerry L. Phillabaum, commandant du 320e bataillon MP, au Koweït pour se reposer.
5 novembre 2003 : Au moins deux détenus s’échappent du niveau 3A à Abu Ghraib.

7-8 novembre : Plusieurs détenus s’échappent du camp Ganci à Abu Ghraib.

19 novembre : le colonel Thomas M. Pappas, commandant de la 205e brigade MI, est désigné comme commandant d’Abu Ghraib, rendant le renseignement militaire responsable des unités MP qui mènent des opérations sur les détenus.

24 novembre : émeute et fusillade de 12 détenus (trois morts) au camp Ganci, à Abu Ghraib. Neuf PM du 320e Bataillon de PM sont blessés. De plus, le Spec. Luciana Spencer, 205th MI Brigade, force un détenu à se déshabiller et à rester nu dans sa cellule dans le Tier 1A Facility où se trouvent les cibles des renseignements militaires.
17 décembre 2003 : un détenu est abattu après avoir agressé un membre de la police militaire au camp Ganci, à Abu Ghraib.
Janvier 2004

Lt. Gén. Ricardo Sanchez (Agence France-Presse)
13 janvier : Un soldat de la 372ème compagnie de la police militaire à Abu Ghraib signale des abus sur des prisonniers, lançant une enquête de l’armée.

17 janvier : Phillabaum suspendu en tant que commandant de la 320e ; le Capitaine Donald J. Reese suspendu en tant que commandant de la 372e. Karpinski reçoit un mémorandum d’avertissement.

19 janvier : le lieutenant général Ricardo Sanchez, commandant des forces américaines en Irak, demande à ses supérieurs d’enquêter sur la 800e brigade de la police militaire du 1er novembre 2003 à aujourd’hui.

31 janvier : Le Général de division Antonio M. Taguba est nommé pour mener une enquête officielle sur la 800ème Brigade de la Police Militaire.
3 mars 2004 : le rapport Taguba est achevé et transmis au lieutenant général David D. McKiernan, commandant des forces terrestres en Irak.

20 mars : Accusations portées contre six soldats.
28 avril 2004 : Le secrétaire à la défense Donald H. Rumsfeld informe le Congrès sur le rapport Taguba. L’émission “60 Minutes II” de CBS montre des photos d’abus de prisonniers à la prison d’Abu Ghraib.
Mai 2004 : 7 mai :
– Rumsfeld témoigne lors des audiences du Congrès sur les mauvais traitements infligés aux prisonniers.
– Un septième soldat est inculpé.

9 mai : les avocats du soldat Lynndie R. England, une réserviste de 21 ans accusée de 13 chefs d’accusation de mauvaise conduite dans cette affaire, déclarent que ses supérieurs lui ont ordonné de poser avec des prisonniers irakiens nus à la prison d’Abu Ghraib afin que les photos puissent être utilisées pour effrayer et démoraliser d’autres prisonniers. L’Angleterre a été photographiée tenant une laisse attachée au cou d’un prisonnier nu.

11 mai : Rumsfeld déclare aux membres de la sous-commission de défense des crédits du Sénat que les méthodes autorisées ont été confirmées par les avocats du Pentagone comme étant conformes aux Conventions de Genève sur le traitement des détenus.

12 mai : les transcriptions obtenues par le Post montrent que les méthodes de Spec. Jeremy C. Sivits, l’un des sept membres de la 372ème compagnie de police militaire accusés dans cette affaire, a proposé de plaider coupable. Sivits a fourni aux enquêteurs militaires un compte-rendu détaillé de la façon dont les gardiens ont humilié et battu les détenus.

13 mai : Rumsfeld se rend à Abu Ghraib et déclare que les responsables des abus présumés seront traduits en justice.

14 mai : des responsables militaires américains annoncent que le Spec. Charles A. Graner Jr. sera le quatrième soldat américain à être traduit en cour martiale en relation avec les mauvais traitements infligés aux prisonniers irakiens. Graner fait face à sept chefs d’accusation, dont les mauvais traitements, l’adultère et la cruauté.

18 mai : Graner, le sergent d’état-major Ivan L. “Chip” Frederick II et le sergent Javal S. Davis sont tous accusés de maltraiter des détenus à la prison d’Abu Ghraib.

19 mai : Spec. Jeremy C. Sivits est condamné à un an de prison pour son rôle dans les mauvais traitements infligés aux Irakiens à la prison. Sivits a plaidé coupable à quatre chefs d’accusation et a accepté de témoigner contre six autres Américains accusés.

21 mai : les États-Unis libèrent 454 détenus de la prison d’Abu Ghraib.

23 mai : le général de brigade Janis L. Karpinski est suspendu de son commandement de la 800e brigade de police militaire. Karpinski était responsable des 16 centres de détention américains en Irak lorsque les abus ont eu lieu à l’automne 2003.

24 mai : 24 autres prisonniers quittent Abu Ghraib.
Juin 2004 : 8 juin : Le Post obtient un mémo d’août 2002 montrant que le ministère de la Justice a informé la Maison Blanche que la torture des terroristes d’Al-Qaïda en captivité à l’étranger “peut être justifiée”, et que les lois internationales contre la torture “peuvent être inconstitutionnelles si elles sont appliquées aux interrogatoires” menés dans le cadre de la guerre du Président Bush contre le terrorisme.

10 juin : Sanchez demande à être démis de ses fonctions d’officier supérieur chargé de superviser une enquête sur les soldats des services de renseignements militaires à la prison d’Abu Ghraib.

22 juin : l’administration Bush désavoue le mémo du ministère de la Justice qui affirmait que la torture des suspects de terrorisme pouvait être légalement défendable. Les collaborateurs du président disent que ce mémo a créé la fausse impression que le gouvernement prétendait avoir l’autorité d’utiliser des techniques d’interrogation interdites par le droit international.
8 juillet 2004 : Quelques jours avant son procès en cour martiale, l’Angleterre est accusée d’actes indécents avec un autre soldat et d’attentat à la pudeur.

27 juillet : dans un témoignage enregistré sur vidéo, Saddam “Sam” Saleh Aboud affirme que le général de brigade Janis L. Karpinski a été témoin d’abus à Abu Ghraib. Aboud fait partie d’un procès contre les entrepreneurs militaires Titan Corp. de San Diego et CACI International Inc. d’Arlington pour son traitement présumé dans l’établissement.
3 août 2004 : une audience préliminaire est organisée pour l’Angleterre.

5 août : le capitaine Carolyn A. Wood, spécialiste du renseignement militaire, témoigne lors de l’audience en Angleterre, déclarant que les mauvais traitements infligés aux détenus dans l’établissement ne faisaient pas partie d’une stratégie d’interrogatoire officielle.

6 août : Lors de l’audience en Angleterre, le sergent Joseph Darby décrit son combat pour décider de signaler anonymement les abus.

23 août : le sergent Ivan L. Frederick plaide coupable aux accusations d’abus.
11 septembre 2004 : le chef d’état-major de l’Armée de terre, le Sgt. Armin J. Cruz Jr. plaide coupable aux accusations de mauvais traitements infligés aux détenus à Abu Ghraib.
3 novembre 2004 : Megan Ambuhl plaide coupable à une accusation de manquement au devoir pour son rôle dans les mauvais traitements infligés aux détenus. Elle a été condamnée à une rétrogradation de son grade de spécialiste à celui de soldat et a été privée de la moitié d’un mois de salaire, selon un porte-parole militaire en Irak.

11 novembre : Les procès du sergent Javal S. Davis, du soldat Spec. Sabrina Harman et Spec. Charles A. Graner Jr. sont transférés aux États-Unis. Ils devaient avoir lieu à Bagdad.

30 novembre : Un rapport confidentiel de décembre 2003 obtenu par le Washington Post montre que les généraux de l’armée en Irak ont été avertis des abus commis sur les détenus à Abu Ghraib.
Janvier 2005 7 janvier : Début du procès en cour martiale pour le cas Spec. Charles A. Graner Jr.

14 janvier : Graner est condamné pour cinq chefs d’accusation d’agression, de mauvais traitement et de conspiration en relation avec le passage à tabac et l’humiliation de détenus irakiens.

15 janvier : Graner est condamné à 10 ans de détention dans un camp militaire.
3 février 2005 : Rumsfeld apparaît sur “Larry King Live” et dit avoir offert de démissionner suite aux révélations d’Abu Ghraib mais le Président Bush lui a demandé de rester.

17 février 2005 :
– Les procureurs de Fort Hood au Texas déposent de nouvelles accusations contre l’Angleterre. Elle est accusée de deux chefs d’accusation de conspiration, d’un chef d’accusation de manquement au devoir, de quatre chefs d’accusation de cruauté et de mauvais traitement de détenus, et de deux chefs d’accusation d'”actes indécents”.
– Les dossiers criminels de l’armée interne documentent des allégations d’abus en Afghanistan par des membres d’une unité des forces spéciales.

12 mars 2005 : Un juge fédéral bloque le transfert de 13 détenus yéménites de Guantanamo Bay, craignant que les détenus ne soient maltraités dans un autre pays.

16 mars : Un rapport de l’armée montre que les cas signalés de mauvais traitements de prisonniers ont diminué de 75 % après les révélations de mauvais traitements de détenus à Abu Ghraib.

23 mars : Le Post découvre des documents qui montrent que la CIA utilisait les cellules de la prison d’Abu Ghraib pour héberger des détenus non enregistrés.

25 mars : La commission des affaires étrangères du Parlement britannique publie un rapport qui déclare les États-Unis coupables de “graves violations des droits de l’homme” à l’encontre des prisonniers de Guantanamo, d’Afghanistan et d’Irak.

29 avril 2005 : l’Angleterre plaide coupable dans une affaire d’abus.
Mai 2005 4 mai : les accusations contre l’Angleterre sont rejetées après qu’un juge de Fort Hood, au Texas, ait déterminé que ses plaidoyers de culpabilité étaient inappropriés. Le témoignage de Graner a indiqué que l’Angleterre n’avait pas conspiré avec lui pour humilier et maltraiter les détenus, et un juge a décidé que l’Angleterre ne pouvait pas alors plaider coupable à l’accusation.

6 mai : le général de réserve Janis L. Karpinski, seul général à être puni dans le cadre des enquêtes sur les mauvais traitements infligés aux détenus dans les prisons militaires américaines, est rétrogradé au rang de colonel.
7 juillet 2005 : l’Angleterre plaide non coupable à de nouvelles accusations découlant de l’affaire des mauvais traitements infligés aux détenus.
21 septembre 2005 : Début du deuxième procès en cour martiale pour l’Angleterre.

26 septembre : l’Angleterre est condamnée pour six chefs d’accusation d’abus et d’actes indécents.

27 septembre : l’Angleterre est condamnée à trois ans de prison et reçoit une décharge déshonorante de l’armée.