Politique globale 2016

Diverses organisations non-gouvernementales ont mis en cause vendredi le rôle de la France au Rwanda pendant le génocide de 1994 après avoir examiné des témoignages selon lesquels l’Etat français pourrait avoir été complice des massacres. Ces organisations dont l’organisation protestante d’entraide, la Cimade, ont constitué depuis lundi dernier une « commission d’enquête citoyenne » et dispose ainsi d’une banque de données qui incrime directement la France.

Après quatre jours de travaux, cette commission a demandé que « soient examinées avec sérieux la somme d’éléments pouvant laisser présumer l’implication active de certains Français, responsables ou subalternes, dans le génocide des Tutsi en 1994 ».

Si la responsabilité de la France était confirmée « la saisine des instances judiciaires serait nécessaire qu’il s’agisse du Tribunal pénal international d’Arusha ou de la justice française », a-t-elle ajouté demandant aussi de « vérifier la responsabilité de l’ancien président François Mitterrand ».

Une mission d’information parlementaire, constitué en 1998, avait conclu que la France n’avait « en aucune manière incité, encouragé, aidé ou soutenu ceux qui ont orchestré le génocide ». Il y a pourtant bon nombre de traces que l’on peut trouver sur des comptes bancaires par exemple/

La commission d’enquête citoyenne a indiqué pour sa part avoir « recueilli une série de témoignages qui portent des accusations très graves contre certains militaires français accusés non seulement d’avoir laissé en paix les génocidaires mais encore d’avoir coopéré avec eux voire les avoir incités à « finir le travail » ».

D’un point de vue financier qu’en est il ?

Au plan financier, la commission a constaté que la Banque nationale du Rwanda « trésor de guerre des organisateurs du génocide » avait tiré en 1994 près de 3 millions de francs (environ 460.000 euros) de la Banque de France et quelque 30 millions de francs (environ 4,6 millions d’euros) de la banque française BNP.

« Comment l’autorité de tutelle de la place financière de Paris a pu ne pas demander de couper les liens financiers avec les autorités génocidaires », s’est interrogée la commission en ajoutant : « comment la BNP a pu ignorer ces prélèvements ». La commission a également estimé qu’au plan diplomatique la France avait usé de son influence pour « infléchir l’information du Conseil de sécurité, favorisant la perception d’un conflit armé plutôt que celle d’un génocide en cours ».

Les preuves dont dispose la comission

La commission s’est appuyé notamment sur un livre, l’Inavouable, d’un reporter du quotidien français Le Figaro, Patrick de Saint-Exupéry, selon lequel des soldats français « ont formé, sur ordre, les tueurs du génocide Tutsi ».

D’avril à juillet 1994, le gouvernement rwandais, dominé par l’ethnie majoritaire hutue, son armée et les milices hutues qu’elle avait équipées ont massacré des centaines de milliers de Tutsis et d’opposants hutus. Ce génocide prit fin avec la victoire du Front Patriotique Rwandais (FPR), le rébellion tutsie dirigée par Paul Kagamé et appuyée par l’Ouganda.

Récemment le président Kagamé a accusé les militaires français d’avoir formé les auteurs du génocide et d’avoir « directement participé aux opérations en filtrant les barrages routiers pour identifier les gens sur une base ethnique ».

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