• Près des deux tiers de l’océan mondial se trouvent dans des zones situées au-delà de la juridiction nationale (ABNJ), qui abritent des espèces et des écosystèmes uniques.

 

    • La fragmentation des cadres juridiques rend la biodiversité dans les ZJNN vulnérable à des menaces croissantes.

 

    • La dégradation de la biodiversité dans les ZJNB affecte la capacité de l’océan à fournir les ressources nécessaires à la survie de l’homme.

 

    • Des négociations sont en cours pour créer un nouvel instrument international dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit, qui contribuerait à combler le fossé existant en matière de gouvernance des ZJNB.

 

    Un nouvel instrument international peut fournir un cadre mondial pour les zones marines protégées dans les ZJNB, garantir que les États évaluent les impacts des activités potentiellement nuisibles et faciliter une recherche scientifique inclusive qui permette le partage équitable des bénéfices des ressources génétiques marines.

Quel est le problème ? Pourquoi est-ce important ? Que peut-on faire ?

Quel est le problème ?
Près des deux tiers des océans du monde se trouvent au-delà de la juridiction nationale – où aucun État n’a autorité. Cette zone atteint des profondeurs de plus de 10 km et représente 95 % de l’habitat total de la Terre en volume. Les zones situées au-delà de la juridiction nationale (ZJN) abritent une biodiversité importante, notamment des espèces uniques qui ont évolué pour survivre à la chaleur extrême, au froid, à la salinité, à la pression et à l’obscurité.
Moins de 0,0001 % de cette immense zone a été explorée, mais il est prouvé que les écosystèmes et les espèces des JNBA se sont gravement dégradés en raison des activités humaines.

Il n’existe pas de cadre mondial global pour la conservation et l’utilisation durable des zones marines situées au-delà de la juridiction nationale pour arrêter et prévenir toute nouvelle dégradation due aux activités humaines.

La Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) prévoit un régime juridique international qui régit l’océan. Elle crée une obligation de conservation du milieu marin, mais ne prévoit pas de mécanismes ou de processus spécifiques pour la conservation de la biodiversité marine dans les ZJNB. D’autres instruments juridiques traitent de certaines parties du problème, comme la pêche non durable ou la pollution par les navires, ou de zones géographiques spécifiques, comme l’Antarctique.

Cependant, une approche sectorielle ne peut pas répondre aux multiples pressions exercées sur l’océan et aux différentes façons dont elles interagissent. Les approches régionales ne seront pas non plus suffisantes étant donné la connectivité à grande échelle de l’écosystème marin, notamment les longues voies migratoires d’espèces telles que les requins, les tortues de mer, les baleines et les saumons, ainsi que les courants océaniques à grande échelle.

Des négociations sont en cours pour créer un accord de mise en œuvre de la CNUDM, qui contribuerait à combler le fossé existant en matière de gouvernance des ZJNB et à garantir la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité dans ces zones.

Pourquoi est-ce important ?
Les scientifiques mettent en garde contre le fait que l’absence de mesures rapides et efficaces pour faire face aux menaces qui pèsent sur la biodiversité dans les ZJNB pourrait compromettre la capacité de l’océan à fournir les ressources et les services nécessaires à la survie de l’homme. Les écosystèmes des ZJNB sont affectés par les effets cumulés de la pêche, du transport maritime et d’autres secteurs.

Les deux tiers des stocks de poissons dans les ZJNB sont exploités au-delà des limites durables. La surpêche perturbe les communautés marines et crée un déséquilibre entre les espèces, les poissons commercialement importants étant incapables de reconstituer leurs stocks.

La biodiversité dans les ZJNB est également affectée par le bruit et les déversements toxiques des navires, qui peuvent perturber la communication entre les animaux et les déplacer de leurs zones de reproduction ou d’alimentation préférées. Les débris marins emmêlent les animaux marins, causant de graves blessures et des décès. Les nouvelles activités telles que l’exploitation minière en haute mer peuvent détruire des habitats et anéantir des espèces dans les ZJNB.

Les facteurs de stress existants sont aggravés par le changement climatique, l’océan étant affecté de manière disproportionnée par l’augmentation des quantités de dioxyde de carbone et de la teneur en chaleur, ce qui affecte sa capacité à réguler le climat de la Terre et à maintenir la vie marine. L’augmentation des températures, par exemple, provoque des mouvements de masse car les espèces recherchent des conditions environnementales favorables.

Des milliards de personnes dépendent de l’océan pour leur alimentation et leurs revenus ; et la pêche marine emploie directement ou indirectement plus de 200 millions de personnes. Le vaste réservoir de ressources génétiques marines fournit des médicaments et d’autres produits innovants aux secteurs médical et pharmaceutique. Le phytoplancton, le varech et le plancton algal de l’océan produisent plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons en tant que sous-produit de la photosynthèse.

Que peut-on faire ?
Le nouvel accord conclu dans le cadre de la CNUDM pourrait assurer la protection de la biodiversité dans les ZADJN en prévoyant

Un réseau de zones marines protégées
L’accord pourrait fournir un moyen de créer un réseau mondial intégré de zones marines protégées (ZMP) – des zones réservées à la conservation à long terme – qui soutiendrait la connectivité écologique et le climat